L’élixir des Fêtes

 

Depuis deux siècles, le champagne est le breuvage de l’euphorie, le rafraîchissement divin qui unit les cœurs… « Le seul vin qui laisse la femme belle après boire », disait Madame de Pompadour.

 

 

Film « Marie Antoinette », de Sofia Coppola

 

 

Ce mythe français est l’objet de toutes les folies. Il peint en or la vie parfois noire. Il exauce des rêves, inspire les artistes, mêle table et amour…

 

Rappelons que, jusqu’au Moyen Âge en France, seuls les religieux s’occupaient de la vigne et fabriquaient le vin, consacré ensuite et bu pendant la messe. L’Histoire fait que Clovis, premier roi chrétien du royaume des Francs, ait été baptisé en Champagne un 25 décembre, probablement de l’année 496, par l’évêque de Reims. Le vin de Champagne a donc été consacré un jour de Noël.

De 898 à 1825, c’est aussi à Reims que les rois de France seront sacrés. Lors des festins associés à ces cérémonies religieuses, les vins de cette région de Champagne, appréciés par leur finesse, coulent à flots. Ils seront également offerts aux monarques de passage par ces lieux.

 

À partir du XIIe siècle, les vins de Champagne acquièrent une renommée internationale.

 

Depuis la Belle Époque jusqu’à nos jours, ce vin sacré devient ainsi le sang des fêtes les plus huppées. Étrange transsubstantiation mystique qui, dans le murmure pétillant des bulles ou l’explosion des bouteilles sabrées, ouvre à tous un univers ensoleillé, du moins le temps de quelques coupes…

 

 

 

Tentation féminine par excellence ?

 

Au siècle de Louis XV, les « délicatesses » s’affinent effectivement dans un bain de champagne. Idée sans doute inspiratrice pour Marilyn Monroe, qui remplit un jour sa baignoire avec 350 bouteilles de champagne de marque.

 

 

Champagne Moët & Chandon (Photo ‘Dico du Vin’)

 

 

Certaines femmes le verraient aussi comme une boisson à part, « ni vin, ni alcool »… !

 

D’autres assument merveilleusement leur « faiblesse ». C’est le cas de Lily Bollinger, l’une des femmes qui a le plus marqué l’histoire du champagne :

 

« J’en bois quand je suis heureuse et quand je suis triste. Parfois j’en bois quand je suis seule. Si j’ai de la compagnie, j’estime que c’est mon devoir. Si je n’ai pas faim, je joue avec, et j’en bois quand je suis affamée. Sinon, je n’y touche jamais, sauf si j’ai soif. »

 

Après le décès de son mari en 1941, et jusqu’en 1971, Madame Bollinger a dirigé la célèbre maison de champagne qui porte son nom. Madame Clicquot, Madame Duval Leroy sont d’autres exemples de femmes qui ont magnifiquement réussi en tant que producteurs de champagne. Car ce breuvage des dieux est bien un vin complexe, issu parfois d’un cépage unique (chardonnay, pinot noir, pinot meunier), dont il faut assurer le goût immuable… mais à chaque fois particulier. Les cuvées spéciales ou millésimées lancées chaque année par les plus grands sont là pour le prouver.

 

 

 

Chardonnay

 

 

Noël approche !

Avec vos fruits de mer, vos chèvres frais, vos viandes blanches,… re-goûtez (avec modération 🙂 ) cet élixir miracle consacré pour la première fois un 25 décembre !

Blanc ou Rosé, Blanc de blancs, Blanc de noirs,…, extra-brut, brut, sec, demi-sec, doux,…, vous n’aurez que l’embarras du choix : Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Pol Roger, Ruinart, Duval-Leroy, Bollinger, Laurent Perrier, Canard Duchêne, Thiénot, Nicolas Feuillatte, A. Margaine, parmi tant d’autres !

 

 

 

 

La vie vous semblera alors plus légère et plus éloquente… cela ne fait pas de mal par les temps qui courent !

 
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Pour en savoir plus :

Patrick Mahé, Culture champagne, Éditions du Chêne
 

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