BOUILLON CULTUREL DE L’ÉTÉ 2018

 

« L’artiste qui se laisse dominer par les restrictions et les complexités de l’exécution, se limite forcément et détruit à la source toutes les possibilités que peut offrir le travail. J’ai toujours suivi le chemin qui passe à la fois par la connaissance technique et par l’ignorance dans la recherche du nouveau. Je suis toujours insatisfaite, en quête de multiples langages différents »
Marianne Peretti

 

 

Marianne Peretti, née à Paris de père brésilien, est l’auteur, en particulier, du chef-d’œuvre qu’est le vitrail « Océan de lumières », de 2240 m2, de la Cathédrale de Brasilia, l’un des monuments les plus visités au monde. Une revue artistique nord-américaine l’a récemment placée, en compagnie de Matisse et de Chagall, parmi les neuf artistes créateurs de vitraux contemporains les plus remarquables.

 

 

Verrière (2240m2) de Marianne Peretti, installée en 1988 à la Cathédrale de Brasilia
Photo Breno Laprovitera e Jarbas Jr. crédit B52 Cultural

 

 

C’est autour de cette artiste exceptionnelle franco-brésilienne que s’est déroulé, le samedi 30 juin dernier, notre Bouillon culturel de l’Été 2018, organisé par Brasil Azur à l’Auditorium de la Bibliothèque Louis Nucéra, à Nice.

Audacieusement façonné par le sculpteur Sacha Sosno, ce lieu se prêtait particulièrement à la rencontre avec l’œuvre artistique de Marianne Peretti. L’amour de cette artiste pour la couleur bleue faisait également un magnifique clin d’œil à Yves Klein, qui a donné le nom à la rue où se trouve cet espace culturel.

 

 

 

 

Yves Lo-Pinto, journaliste et ancien diplomate français au Brésil, ami de Marianne Peretti, nous a présenté l’ itinéraire singulier de l’artiste, de Saint-Germain-des-Prés à Brasilia, en s’inspirant du livre d’art bilingue (français/portugais) « Marianne Peretti: l’audace de l’invention, a ousadia da invenção », publié en juin 2015 au Brésil et distribué, dans la catégorie « Beaux Livres », en France, Belgique, Suisse et Canada par Flammarion-PUF-Humensis.

Marianne Peretti, née en France de père brésilien, a été dessinatrice, illustratrice, peintre, décoratrice d’intérieur, sculpteur, créatrice design, et surtout auteure de panneaux de verre et de vitraux sur le mode monumental.

 

 

2005 Mémorial Vilela Maceio

 

 

« Par-dessus tout, son graphisme extraordinaire de nature (involontairement) idéographique, griffu, cursif et suggestif, qui laisse son empreinte telle une calligraphie chinoise. Il y a […] dans cette œuvre une sorte d’élan vers une évasion poétique supérieure que nous attendons en frémissant »
R. Vrinat, L’Actualité Critique, 1952

 

Une collaboration de plus de 30 ans entre elle et Oscar Niemeyer a par ailleurs abouti à un dialogue exceptionnel et subtil entre Art et Architecture. De nombreux autres travaux, des panneaux et des sculptures de verre par exemple, réalisés aussi bien au Brésil qu’en France, la rendent, aux yeux de la critique, « la dompteuse de lumières », celle qui maîtrise le dialogue extérieur-intérieur comme personne et dont la poésie, alliée à la simplicité, flirte avec « la synthèse des arts », prônée par Le Corbusier.

 

 

Vitrail de Marianne Peretti installé au Mémoial JK de Brasilia
Photo Breno Laprovitera et Jarbas Jr. crédit B52 Cultural

 

 

On trouverait d’ailleurs chez Baudelaire les « Correspondances » parfaites entre la poésie et l’œuvre sublime de cette artiste franco-brésilienne, qui, avant de s’installer au Brésil en 1954, était surnommée « la jeune sœur des poètes de Saint-Germain-des-Prés ».

 

« Chose rare dans les arts plastiques, le dessin et la peinture de Marianne Peretti nous révèlent l’existence même de sa féminité. Les grands artistes masculins, s’ils parviennent à capter, parfois de manière admirable, certains aspects du cosmique féminin, échouent lorsqu’il s’agit de la féminité individuelle. La plupart des grandes artistes féminines elles-mêmes ne réussissent pas à nous faire pénétrer dans ce monde du féminin personnel »
Mario Schemberg, 1965

 

Oscar Niemeyer aurait su la maintenir dans son ombre, tout en respectant et admirant sa liberté créative.

La contribution majeure de Marianne Peretti à l’Histoire de l’art du XXème siècle est donc encore à découvrir pour beaucoup, principalement en France.

 

 

Oiseau-sculpture de Marianne Peretti, foyer du Théâtre national Braslia
Photo Breno Laprovitera et Jarbas Jr. Crédit B52 Cultural

 

 

Marianne Peretti a été choisie par le bureau de l’IPHAN (Institut du Patrimoine Historique et Artistique National) de Brasilia pour représenter les Femmes au Brésil lors de la Journée du 8 mars 2018.

En organisant cette conférence-spectacle d’Yves Lo-Pinto au sein de Brasil Azur et, précédemment, au sein de mon Centre de recherche, le Centre transdisciplinaire d’Épistémologie en Littérature et Arts vivants (CTEL, Université Côte d’Azur), j’espère avoir contribué à accélérer le processus de reconnaissance de cette artiste admirable dans le pays qui l’a vue naître.

 

 

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.